Les feuilles et l'automne

Édition n°33

Note moyenne :
  • 4,5
(sur 2 avis donnés)

   

 

Pourquoi les arbres perdent-ils leurs feuilles en automne ?
Pour répondre à cette question, je me suis adressé à Barnabé, un magnifique abricotier qui pousse au fond de mon jardin.
 
- Bonjour Barnabé ! 
- Bonjour Hugo.
 
- Barnabé, nous sommes en novembre et tu portes un feuillage d'un rouge éclatant qui malheureusement va bientôt tomber. Pourquoi ?
- Mes feuilles sont fragiles. Si jamais la température descend au dessous de 0°C, elles pourraient geler car elles contiennent beaucoup d'eau. Pour éviter de mourir de froid à cause de mes feuilles, je préfère m'en débarrasser avant l'hiver. J'ai fait suffisamment de réserves de nourriture pendant la belle saison pour en fabriquer de nouvelles au printemps prochain. 
 
- Mais alors pourquoi ta voisine, Daphné le laurier, ne les perd-t-elle pas pendant l'hiver ?
- Daphné n'a pas ce problème parce qu'elle a des feuilles recouvertes d'une couche de cire qui les protège du gel. Elle a des feuilles persistantes qui tombent tout au long de l'année tandis que moi j'ai des feuilles caduques qui tombent surtout en automne quand les journées raccourcissent et que le froid se fait plus vif.
 
- Y a-t-il d'autres plantes comme Daphné ?
- Oui, bien-sûr, dont certaines auxquelles on ne penserait pas forcément. Tu sais, les pins, et bien leurs aiguilles sont en réalité des feuilles très fines et toutes pointues qui tombent tout au long de l'année. 
 
- Tes feuilles servent seulement à faire joli, non ?
- Malheureux ! Ne leur dis surtout pas ça, elles ont un vrai bouleau, enfin un vrai boulot.
Mes feuilles me nourrissent car elles savent cuisiner.
 
- Et que te préparent-elles de bon ?
- Des sucres. Avec de l'air, de l'eau et de la lumière, mes feuilles me fabriquent des sucres liquides que l'on appelle des glucides. C'est ce qui me donne de l'énergie. Ce phénomène s'appelle la photosynthèse.
 
- Mais où les feuilles trouvent-elles leurs ingrédients ?
- Mes racines leur fournissent l'eau. Elles la puisent dans le sol. Ensuite, l'eau circule dans la sève jusqu'à la feuille.
La sève, c'est mon sang. Elle coule partout dans mon «corps» pour m'apporter la nourriture et l'eau dont j'ai besoin.
L'eau apporte aussi aux feuilles des sels minéraux contenus dans les roches du sol. Ces sels minéraux sont utiles à la photosynthèse, mais pas seulement. Par exemple, le calcium m'aide à fabriquer mes tiges et mes bourgeons.
 
La lumière du soleil est captée par des pigments colorés fabriqués par la feuille. Le plus connu est la chlorophylle qui donne à la feuille sa couleur verte, mais peut-être aurons nous l'occasion d'en reparler.
 
Enfin, l'air est «capturé» par des pores qui ressemblent à ces petits trous que les humains ont sur la peau. On les appelle les stomates. Ils absorbent le gaz carbonique, nécessaire à la photosynthèse, et rejettent dans l'air l'oxygène produit pendant la fabrication de mon précieux sucre. 
 
- Les feuilles respirent ??!!!
- On peut dire ça. C'est le mode de respiration inverse de celui de la plupart des êtres vivants. On peut dire que nous recyclons l'air que vous rejetez et que nous rejetons celui que vous consommez.
 
- C'est pour ça que l'on vous appelle les poumons de la Terre ?
- Absolument ! Mais en réalité, les vrais poumons de la Terre sont dans dans la mer. Le plancton végétal est le plus grand producteur d'oxygène de la planète. 
 
- En dépit de tout ce que les feuilles font pour toi, tu les laisses quand même tomber ? Si elles sont rouges, c'est parce qu'elles sont en colère ?
- Non. Bien sûr que non. 
En été, le pigment qui donne sa couleur verte à mes feuilles s'appelle la chlorophylle. Tu sais, nous en parlions tout à l'heure. La chlorophylle sert à capturer la lumière du soleil dont la feuille a besoin pour fabriquer les sucres. Mais, dès qu'il commence à faire froid, je fabrique un «bouchon» à la base des feuilles pour bloquer progressivement la circulation de la sève dans les nervures. La feuille manque alors d'eau et de sels minéraux pour créer de la chlorophylle. Sa diminution dévoile alors d'autres couleurs comme le jaune et l'orangé.
 
- Pourquoi donc ? 
- Ces pigments jaunes et orangés capturent aussi de la lumière pendant l'été mais ils sont moins nombreux que les verts : on les voit donc peu.
Mais, s'ils sont moins nombreux, ils sont plus costauds ! En automne quand la chlorophylle disparaît, eux sont toujours là, prêts à hisser leurs couleurs !
 
- Et le rouge alors ?
- Le rouge sait attendre son heure.  
À l'inverse des deux autres couleurs, il n'est fabriqué qu'au moment où la circulation de la sève ralentit. Oui, je sais, c'est un peu bizarre de dépenser de l'énergie pour fabriquer un nouveau pigment dans une feuille sur le point de tomber. Mais ce pigment rouge est plus efficace que le vert pour transformer les derniers rayons de soleil en délicieux sucres.
Pour finir, quand mes feuilles seront privées de sève, elles se détacheront et tomberont. Leur couleur deviendra alors brun-pâle.
 
- Les feuilles des autres plantes sont-elles aussi de la même couleur que les tiennes ?
- Non. Des feuilles, il y en a de toutes les couleurs, à l'exception du bleu et du blanc pur. Sinon, il y en a des vertes, des jaunes, des presque noires, roses, violettes, brunes, grises ou argentées.
 
- Pour finir, qui aimerais-tu être si tu n'étais pas un abricotier ?
- Sans hésiter, un Gingko Biloba. C'est la plus ancienne famille d'arbres connue. Elle serait apparue il y a 270 millions d'années. Tu te rends compte, elle existait une quarantaine de millions d'années avant les dinosaures ! 
 
- Dis donc, ton arbre généalogique est immense !
 
- Comme tu dis, Hugo, comme tu dis !
 
Votre note

  • 4

Avis rédigé par elma02doudou le mardi 18 décembre 2012 à 09:01
jai pas tros aime

  • 5

Avis rédigé par chacha09 le vendredi 23 novembre 2012 à 22:04
trop bien merci beaucoup

Newsletter Hugo (Voir un exemple)