Maisons pour poissons

Édition n°20

   

 

 
Dans la nature, de nombreux animaux marins vivent ou cherchent leur nourriture dans des endroits rocheux que l'on appelle des récifs.
L'idée est de placer des récifs artificiels (fabriqués par l'Homme) pour attirer des animaux et des végétaux, dans des endroits où la vie marine est pauvre. 
 
 
 

 
 
 
 
Ressemblent-ils à des rochers ?
Non, pas du tout. Les pêcheurs japonais furent les premiers à fabriquer, dès le XVIIe siècle, des récifs artificiels en assemblant des bambous. Mais aujourd'hui, ces « villages à poissons » sont surtout fabriqués en béton ou en métal. C'est rarement beau, mais ça semble plaire aux poissons !
 
Pourquoi les poissons sont-ils attirés par ces « villages » ?
Ils y trouvent de quoi manger et des cachettes pour éviter d'être mangés !
Rapidement, ces récifs artificiels sont recouverts par de petits organismes vivants (des micro-organismes comme des algues, des bactéries...), tellement petits qu'on ne peut les observer qu'au microscope. Puis des invertébrés (des animaux sans colonne vertébrale comme les crabes, les coquillages...) et des plantes s'installent. Ensuite, c'est au tour des petits poissons de venir. Ils mangent les micro-organismes ou bien ils cherchent des cachettes pour se protéger des gros poissons qui les mangeraient bien à leur tour.
 
Au bout de quelques années, les poissons se reproduisent dans ces « villages » et les bébés poissons y grandissent, comme on peut le voir dans cette vidéo : 
 
Alors, c'est comme si on créait une oasis dans le désert ?
C'est un peu ça. On installe ces « villages » sur des fonds sableux, sans vie et on essaie d'en faire des endroits riches en espèces animales et végétales.
 
Existe-t-il des « villages » pour poissons partout dans le monde ? 
Il en existe dans les mers du monde entier. Mais les Japonais sont ceux qui en fabriquent le plus. Ils en inventent de toutes les formes et de toutes les tailles (jusqu'à 35 mètres de hauteur !).
 
Pourquoi les Japonais en fabriquent-ils autant ?
Ils s'en servent de garde-manger.  
Les Japonais mangent beaucoup de poisson. Mais s'ils en pêchent trop, un jour il n'y en aura plus. En installant des récifs artificiels, ils offrent aux poissons plus d'endroits où faire des bébés. Et tous ces bébés supplémentaires seront bientôt de gros poissons bons à manger. Ainsi, les Japonais peuvent continuer à beaucoup pêcher sans provoquer la disparition de tous les poissons. 
 

 
Les Américains préfèrent créer des « villages à poissons » pour les touristes pratiquant la plongée sous-marine. Ils coulent de vieux de bateaux (http://www.youtube.com/watch?v=Y0RyFnoFgyQ), des wagons de métro (http://www.youtube.com/watch?v=dbgfJy5gi9Q), des carcasses de voiture. Ce sont les rois du recyclage !  
Si les défenseurs de la nature disent que l'on se sert de la mer comme d'une poubelle, les poissons, eux, apprécient ces endroits . Depuis l'installation de wagons de métro au large de Washington, les animaux marins sont 400 fois plus nombreux qu'il y a 7 ans !
 
Auriez-vous imaginé, après quelques années passées sous l'eau, que les wagons ressembleraient à ça ? : https://www.youtube.com/watch?v=dWqyhNVA_Pw#t=4m10s
 
 
Les Américains ont aussi inventé les « reef balls » ou boules de récif. Ces demi-sphères en béton, percées de trous, forment des cachettes idéales pour les poissons ainsi qu'un parfait support pour les coraux. On les utilise aujourd'hui partout dans le monde pour essayer de recréer des récifs de corail, là où ils ont disparu, et ça fonctionne :
 
 
 
Les boules de récifs ressemblent d'abord à ceci ( http://www.youtube.com/watch?v=aXdTkrtH3D0), puis à cela quelques années plus tard (http://www.youtube.com/watch?v=4v4wC1Otiqo).
 
 
Enfin, dans la Mer Méditerranée, on se sert aussi des récifs artificiels, comme de remparts, pour interdire aux chalutiers de pêcher dans des zones naturelles fragiles.
 
 
Certains artistes ont même conçu de très beaux « villages à poissons ». Au Mexique, les récifs de corail sont visités par 750 000 touristes chaque année. Sans le vouloir, ils dérangent un milieu naturel fragile. Jason Decaires Taylor a installé ses sculptures dans des endroits peu profonds pour attirer ces nombreux plongeurs. Il espère ainsi que les habitants des récifs de corail seront désormais plus tranquilles :
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
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