Le facteur cheval

Édition n°27

   

 

Une folle histoire peut commencer grâce à une simple pierre !
En 1879, Ferdinand Cheval, alors âgé de 43 ans, fait sa tournée de facteur quand il se prend le pied dans quelque chose. Il revient sur ses pas et trouve celle qui l'a fait trébuché. C'est une pierre aux formes étranges, si étranges qu'il décide de l'envelopper dans son mouchoir avant de la glisser dans sa poche. Il se promet même de revenir pour en ramasser d'autres comme elle.
 
Il accumula ainsi une grande quantité de pierres qu'il ramena le plus souvent sur son dos. Quand il en eut assez, il décida de bâtir dans son jardin un édifice que nous appelons aujourd'hui le «Palais Idéal» du facteur Cheval.
 
Pendant 33 ans, il va construire un monument long de 26 mètres, large de 12 mètres et haut de 7 à 11 mètres avec sa brouette pour seule aide. Celle qu'il appelait «sa fidèle compagne de peine» a d'ailleurs une niche portant son nom dans le palais !
 
 
Influencé par les premiers reportages illustrés sur les merveilles de l'Orient et de l'Asie (qu'il voit dans les magazines de l'époque), il va réaliser quelques dessins avant de façonner cet étrange édifice de pierre et de ciment. Chaque façade est couverte de décors inspirés par tous les continents et par toutes les civilisations. On y trouve une grotte soutenue par trois géants. On y voit une oasis avec des figuiers, des cactus et des palmiers, gardée par une loutre et un guépard. On reconnaît un temple hindou, une mosquée arabe, une forteresse du Moyen-Âge et un tombeau égyptien.
 
C'est un résumé d'architecture internationale vu par Ferdinand Cheval, modeste habitant de Hauterives (Drôme) et c'est aussi un message de paix à destination des peuples du monde. Il grave d'ailleurs sur l'une des façades : «les fées de l'Orient viennent fraterniser avec celles de l'Occident».  
 
Pourquoi notre facteur a-t-il construit ce bâtiment ?
Sûrement pas pour y vivre. Le palais est un sombre labyrinthe où les pièces ressemblent plutôt à des grottes ou à des niches. En plus, l'édifice est fragile. Notre facteur est sans cesse obligé de le restaurer, à tel point que ses doigts saignent, l'utilisation répétée du ciment étant agressive pour la peau.
Non, Ferdinand Cheval avait juste envie de réaliser le palais féerique qu'il construisait en rêve lors de ses interminables tournées de facteur. Il avait fini par l'oublier jusqu'au jour où il heurta cette pierre qui faillit le faire tomber. Celle qui lui donna envie de réaliser son projet fou a aujourd'hui une place de choix sur l'une des façades du monument. 
 
En 1912, il ajoute une pieuvre et l'inscription «où le songe devient réalité» au-dessus de l'entrée centrale du palais. Son chef-d'oeuvre est enfin achevé... il peut désormais construire son tombeau qu'il terminera en 1923, un an avant sa mort.
Il était décidément infatigable ce facteur Cheval !
 
 
Pour en savoir plus :
 
Rendez-vous de toute urgence sur le site officiel du Palais Idéal. Très agréable à consulter, ce site contient toutes les informations nécessaires pour préparer votre visite. Vous verrez que plusieurs supports de visite sont destinés au jeune public. Par ailleurs, c'est un lieu très vivant qui accueille régulièrement des artistes (musiciens, peintres...). Enfin, et c'est assez rare pour être souligné, on peut trouver dans la boutique des souvenirs originaux (on vous conseille les affiches et les T-shirts).
 
Comme nous parlons pierre, nous vous invitons à lire «le journal secret du Petit Poucet», grand spécialiste des cailloux, dans une version décalée écrite par Philippe Lechermeier et illustrée par Rebecca Dautremer. Magnifique !
 
Quand Thomas Fersen, un chanteur à la voix rocailleuse chante devant un décor de rocaille ça donne le résultat suivant. D'ailleurs, nous vous conseillons d'écouter d'autres chansons de cet artiste aux textes souvent désopilants comme par exemple «la chauve-souris» ou «deux pieds» dont le clip est en plus très réussi.
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