Des graffitis très originaux !

Édition n°68

   

 

Après une première plongée au pays des graffitis (article n°57), voici une nouvelle série d'oeuvres conçues dans la rue, gigantesques ou minuscules, traitant de pollution, de nature ou bien de la vie des petits humains dans les grandes villes. À ne manquer sous aucun prétexte !
 
La grafficulture bio
Les murs des grandes villes sont noirs surtout à cause de la pollution produite par l'utilisation du pétrole, du gaz et du charbon dans les transports, l'industrie et le chauffage. Alors certains artistes ont inventé le clean tag, le tag propre en français, pour sensibiliser les citadins aux risques qu'ils prennent, pour leur santé, en vivant dans ces grandes cités. 
Un mur très sale, des pochoirs, des brosses, des éponges, des chiffons ou un nettoyeur haute pression leur suffisent pour créer des graffs qui résisteront quelques jours aux polluants avant de disparaitre. À méditer, non ?
Dans cette vidéo filmée au Brésil, ALEXANDRE ORION dessine une série de crânes sur les murs noircis d'un tunnel d'autoroute en frottant seulement la saleté avec un chiffon ! Il fait cela pour expliquer que l'automobile rejette des produits mortels dans l'air. Ce message dérange comme vous le constaterez dans cette vidéo.
 
 
Toujours au Brésil, regardez le travail d'une bande de copains qui avec un pochoir et une éponge ont écrit des slogans comme «le vélo n'est pas aussi polluant» sur les vitres et carrosseries des voitures sales. C'est une idée simple et efficace pour dénoncer la pollution automobile !

C'est très bio ce que vous faites
Une autre manière de changer la ville est de la reverdir comme le fait EDINA. Cette artiste de rue confectionne des oeuvres faites de végétaux (comme de la mousse) pour rappeler aux habitants de New-York qu'ils doivent se soucier de la nature et la protéger. Petit plus : cette vidéo est accompagnée d'un mode d'emploi pour apprendre à faire des graffitis en mousse.

 

 

Ma craie c'est sacré !

Quand PHILIPPE BAUDELOCQUE était graffeur, son pseudo était Fusion. Depuis, il a abandonné la bombe de peinture (tant qu'elle contiendra des produits nocifs pour l'environnement) pour la craie, et dessine désormais des sujets animaliers car il est sensible depuis son enfance à la nature. Ce passionné de mathématiques et de géométrie couvre ensuite ses animaux de motifs qu'il a répertoriés dans un petit carnet. Il compare la fragilité de ses dessins, pouvant disparaitre à la première averse, à celle des animaux menacés d'extinction. C'est un moyen de rappeler aux citadins combien les liens sont étroits entre les humains et la nature. 

 

 

Le graff même sans bombe, c'est explosif !

Certains artistes de rue n'hésitent pas à utiliser les grands moyens pour réaliser leurs oeuvres à l'image de VHILS.

Il crée des graffs en relief en grattant de vieux murs promis à la démolition. Burin, marteau, perceuse voir même explosif, rien n'arrête Vhils pour représenter d'immenses visages en relief. Pourquoi ? Souvent on dit que la ville est un monde déshumanisé où l'on ne se sent pas toujours bien à cause du manque d'espace, du bruit, de la pollution, de la froideur de ses matériaux (béton, bitume, acier, etc.).

Vhils essaie à sa manière de redonner à l'homme sa place dans la ville.

Il creuse les murs comme un archéologue creuserait le sol pour faire jaillir le souvenir de ceux qui vivaient dans des maisons aujourd'hui vides ou bien il essaie de donner plus d'humanité à ces grandes façades à l'abandon en leur donnant réellement un visage.

Retrouvez aussi son travail dans cette vidéo explosive !

 

La mosaïque c'est carrément dingue !

La mosaïque ressemble aux pixels carrés d'un écran d'ordinateur. C'est pour cette raison que INVADER a choisi d'utiliser cette technique pour concevoir ses créatures (entre vaisseaux spatiaux et visages) tirées d'un célèbre jeu vidéo des années 80 appelé Space Invaders. Si au départ son intention était de montrer son travail au plus grand nombre, on sait de source sûr qu'il veut aujourd'hui envahir l'espace urbain avec ses Space Invaders et pourquoi pas l'espace tout court, en commençant par la Lune ! 

Pour débuter, voici les créatures observables sur notre planète  

 

Le Tape Art va vous scotcher !

C'est l'art de faire des graffitis avec du scotch de couleur ou du scotch marron de déménagement.

Ça n'est pas très simple à utiliser mais le résultat est bluffant comme vous allez le voir dans cette vidéo de FEJZO et LUKA URSIC, deux artistes qui redonnent des couleurs à un couloir de métro. 

 

 

 

 

L'autre possibilité est d'utiliser du scotch marron de déménagement. L'avantage avec ce scotch est que l'on peut jouer avec sa transparence comme le fait MARK KHAISMAN. Il ne se définirait sans doute pas comme un graffeur de rue, lui qui expose plutôt ses oeuvres dans des musées, mais peut-être comme un «gaffeur», le gaffeur étant le scotch noir utilisé dans le monde du spectacle. 

L'art urbain, c'est un jeu d'enfant !

Voici un artiste qui devrait particulièrement séduire les plus petits d'entre vous. Il s'appelle JAN VORMANN. Un jour, il a eu l'idée poétique de réparer les monuments endommagés à l'aide des briques d'une célèbre marque de jeu de construction pour enfants. Pendant trois ans il a parcouru le monde pour «soigner» les murs, escaliers, façades de monuments dans de nombreux pays. Désormais, ses fans que l'on appelle les «dispatchers» poursuivent son oeuvre. Et vous, vous commencez quand ?

 

Le graffiti sous toutes les coutures !

Du gris, du beige, du noir… du béton, du métal, du bitume… Il faut reconnaître que les couleurs et les matériaux de nos villes ne sont pas toujours très chaleureux mais il y a une solution : le «Knitt graffiti» ou graffiti tricoté. C'est rigolo, c'est coloré, c'est tout doux, en somme c'est idéal pour donner plus de gaité à nos rues ! 

Mais ce tricotage urbain a aussi pour but de faire réagir les passants sur le manque de personnalité, d'originalité, d'humanité (on y revient toujours) de nos villes. En voici un exemple avec TEJE LA ARANA.

 

L'art de rue à la loupe !

Depuis 2006, SLINKACHU, un artiste anglais dispose des figurines créées pour les décors de trains miniatures dans des scénettes au beau milieu de la ville de Londres. Ces personnages qu'il modifie, habille et peint, il les colle ensuite dans la rue, les photographie et les laisse là, au grand bonheur des passants.

 

 

Ces figurines qu'il appelle le petit peuple (little people) sont souvent représentées dans des situations drôles, parfois tristes mais toujours surprenantes comme vous pourrez le voir sur son site.

 

Bon, on va s'arrêter là, même si on voudrait bien vous citer des dizaines d'autres créateurs tous plus talentueux les uns que les autres. On espère que cet article (ainsi que l'article "Du graffiti romain au graff moderne") vous a donné des idées et vous a éclairé sur les intentions de tous ces artistes.
 

 

 

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