C'est la rentrée

Édition n°28

Note moyenne :
  • 5
(sur 1 avis donné)

   

 

Votre cartable est prêt. Mais savez-vous depuis quand il existe ?
 
En 1882, Jules Ferry, alors ministre de l'instruction publique (aujourd'hui, il serait ministre de l'Éducation) fait voter une loi qui rend l'école obligatoire, gratuite et laïque (c'est-à-dire que les religieux ne peuvent plus enseigner dans les écoles et sont remplacés par des instituteurs).
 
Quel rapport avec notre cartable ?
Avant cette date, il y avait aussi peu de cartables que d'écoliers. Comme au départ il y a peu de choses dedans (un livre, une ardoise et un crayon d'ardoise), les premiers cartables sont légers. Le plus souvent fabriqués par les parents, ils ont la forme d'une musette ou d'une gibecière. Ils imitent les sacs à gibier des chasseurs et se portent en bandoulière pour garder les mains libres. En 1950, ils ressemblent déjà à ceux que nous voyons aujourd'hui, à un détail près, ils sont en carton bouilli, une matière résistante mais moins coûteuse que le cuir.
 
 
 
De nos jours, on voit à la sortie des écoles toutes sortes de sacs d'école : des cartables bien sûr, parfois équipés de roulettes, mais aussi des sacs à dos, des besaces, de quoi satisfaire toutes les envies.
 

Le papier
 
Même si son nom vient de «papyrus» (un papier fabriqué par les Égyptiens à partir des tiges de roseaux), on pense que ce sont les Chinois qui l'ont inventé il y a environ 5 000 ans.
 
Aujourd'hui, on le fabrique à partir du bois, mais les Chinois utilisaient plutôt des tiges de bambous, parfois de l'écorce de mûrier, et surtout deux plantes : le lin et le chanvre.
 
Quoi qu'il en soit, on procède toujours à peu près de la même façon pour en fabriquer :
- Il faut laver et écraser la matière première (bambou, bois,...) pour obtenir une pâte.
- Il faut égoutter et laisser sécher de fines couches de cette pâte pour obtenir du papier.
 
Et le parchemin ? C'est un papier fabriqué avec des peaux d'animaux ! 
 
Quant au cahier, il est utilisé dès le XVIIe siècle dans les rares écoles qui existent. Mais c'est en 1892, qu'un libraire-papetier de Pontoise (une ville proche de Paris), Jean-Alexandre Seyès, crée le fameux cahier à grands carreaux.
 
 
Le crayon à papier
 
L'utilisation d'une mine pour écrire est très ancienne. Dans l'antiquité, les Romains en utilisaient déjà. Elles étaient en plomb.
Mais en 1792, Joseph Hardtmuth (en Autriche) et en 1795, Nicolas Conté (en France) déposent un brevet de fabrication des mines de crayon. C'est un mélange d'argile (une roche) et de graphite broyé (c'est un peu comme du charbon), cuit à haute température, que l'on transforme en une mince baguette cylindrique. On la glisse alors entre deux planchettes qui seront ensuite collées, taillées puis peintes.
Rien n'a vraiment changé depuis cette époque.
 
 
Pourquoi les mines sont-elles plus ou moins dures ?
Plus le mélange contient d'argile et plus la mine est dure.
Sans doute avez-vous remarqué les lettres H et B à côté d'un chiffre sur vos crayons à papier. Le H veut dire «dur» en anglais (hard) et le B veut dire «noir» en anglais (black). Plus le chiffre est grand à côté du H et plus la mine est dure. Plus le chiffre est grand à côté du B et plus la mine est tendre.
Le crayon de couleur sera inventé plus tard, en remplaçant le graphite par des poudres de couleur (on les appelle des pigments colorés).
 
 
 
Le taille-crayon
 
Dès l'invention de la mine, on  a cherché un moyen de la tailler. Pendant longtemps, on utilisera un couteau. La première «machine à tailler» les crayons est inventée en 1828 par un certain Lassimone. Mais c'est l'invention de Thierry des Estivaux, en 1847, qui ressemble le plus au taille-crayon que nous utilisons.
 
 
 
 
 
La gomme
Avant son invention, on recommandait d'effacer les traits en les grattant avec une lame ou de les gommer avec de la mie de pain, parfois imbibée de lait.
 
On ne sait pas exactement qui est l'inventeur de la gomme, mais c'est Charles Marie de la Condamine, qui, en 1751, après avoir découvert le latex, proposa aux scientifiques de trouver une utilité à cette étrange substance produite par un arbre qui s'appelle l'hévéa.
 
On  se rend bientôt compte qu'elle efface le graphite (si vous avez bien suivi, vous savez que le graphite est un des ingrédients de la mine du crayon à papier). En 1770, on en fait donc des gommes... qui durcissent et pourrissent au contact de l'air, collent aux doigts et s'étalent avec le temps comme un fromage coulant !
 
Il faudra donc attendre l'invention du caoutchouc (c'est généralement du latex auquel on ajoute du soufre) pour régler tous ces problèmes. En plus du soufre, on ajoute, pour plus d'efficacité, de la pierre ponce qui a la propriété de faire des trous dans le papier, non pardon, qui a la propriété de retirer une fine couche de papier avec les traces de graphite.
   
Aujourd'hui la plupart des gommes sont en matière plastique. Elles abîment moins le papier et enlèvent mieux les traits de crayon.
 
Mais au fait, savez-vous comment fonctionne une gomme ?
Comme on écarterait les mailles d'un filet de pêche pour libérer un poisson, on écarte les mailles du papier (on appelle cela les fibres), en frottant la gomme dessus, pour libérer les traces de graphite qui s'y trouvent. Le graphite se «colle» alors à la gomme avant de s'en détacher sous forme de pelures. Vous savez, ce sont les petites cochonneries que l'on balaye de la main après avoir gommé !
 
Le stylo-plume
 
Il est inventé en 1827 par un roumain du nom de Petrache Poenaru. Mais son invention n'est pas fiable. L'encre s'écoule trop vite et tache feuilles, doigts et manches de chemise !
En 1884, Lewis Edson Waterman modifie la plume pour permettre à l'encre de s'écouler régulièrement. 
Pour l'anecdote, il semble que Waterman décida de perfectionner le stylo-plume suite à une mésaventure qui lui serait arrivée quand il était agent d'assurance. Lors de la signature d'un contrat avec un client, son stylo-plume se serait mis à fuir, tachant au passage le contrat. Obligé de reporter la signature, il aurait perdu le client, qui serait parti signer chez un de ses concurrents. 
 
Le stylo à bille
 
L'histoire du stylo à bille est pleine de rebondissements !
 
Un certain Laszlo Biro remarque que l'encre qui sert à imprimer les journaux sèche très vite contrairement à celle que l'on utilise pour écrire à la plume.
Il essaie donc cette encre dans un stylo à plume mais elle ne s'écoule pas, car elle est trop épaisse.
Puis, un jour, en observant des enfants jouant aux billes, il constate que quand la bille passe dans une flaque d'eau, elle entraîne derrière elle un mince filet d'eau.
C'est ainsi qu'il a l'idée de concevoir celui qui va devenir le stylo-bille.
 
En 1938, il crée une pointe de stylo constituée d'une bille, qui en tournant librement dans une alvéole (une sorte de petit trou dans lequel elle peut tourner, mais dont elle ne peut sortir) entraîne l'encre d'une cartouche sur la feuille de papier : la pointe bille est née.
 
Mais le monde du commerce est impitoyable et c'est finalement le créateur de la société Reynolds qui va commercialiser à travers les États-Unis et l'Europe, une copie de l'invention de Laszlo Biro.
 
Mais ça n'est pas fini !
Le baron Marcel Bich rachète le brevet de Biro et améliore le stylo. Pour y parvenir, il met au point une nouvelle formule d'encre et modifie la pointe bille à l'aide de machines utilisées par les horlogers. En 1950, il lance sous la marque Bic le modèle cristal, vous savez, celui qui a un tube transparent. Le succès est au rendez-vous ! On pense que 100 milliards de stylos ont été vendus dans 160 pays depuis cette date !
 
La colle
 
Pour finir, nous allons vous parler de l'invention de la colle.
On peut dire que les hommes en ont fabriqué avec à peu près tout ce qui leur tombait sous la main.
D'abord, ils ont collé leurs pointes de flèches avec du goudron. 
Ensuite, dans l'antiquité, les Égyptiens ont fixé le bois avec des colles à base de déchets de boucherie bouillis (sabots, cornes, os, peaux,...). 
Plus tard l'invention de l'imprimerie va relancer l'intérêt pour les colles :
On va en fabriquer à base de farine de seigle ou de blé, de fécule de pomme de terre, de racines de narcisse, de sève d'acacia, de marrons d'Inde ou de jus d'ail.
Mais nous vous avons réservé le meilleur pour la fin :
Commençons avec la colle de poisson. La plus recherchée était celle d'esturgeon, mais la peau, l'estomac et les intestins de poissons moins nobles pouvaient faire l'affaire.
Continuons avec les colles à base de sabots, peaux, nerfs, cartilages et os concassés d'animaux comme la «colle de pied» et la «colle de peau» de mouton.
Pour finir, nous vous proposons la colle de limaçons séchés ou de chenilles, qui, parait-il, était très efficace.
Selon la recette, vous pouviez ajouter du fromage pourri ou de la graisse de volaille.
Je vous laisse deux secondes pour vous remettre... C'est fait ? Passons à la suite. 
 
C'est un certain August Fischer qui a mis au point la première colle prête à l'emploi et transparente. Elle n'est plus fabriquée avec des poissons ou des plantes mais avec des produits chimiques. Il l'appellera UHU qui est le nom en allemand d'un rapace nocturne : Le hibou grand-duc. 
Pourquoi ? sans doute parce qu'il trouvait son invention super-chouette !
 
Votre note

  • 5

Avis rédigé par emiliedu37 le vendredi 21 décembre 2012 à 21:50
c'est cool...

Newsletter Hugo (Voir un exemple)